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Article sur la diaspora serbe
L'émigration yougoslave à Paris: entre intégration et exclusion


Les Valaques ou Aroumains

Les Aroumains sont appelés Valaques (Vlachos) par les Grecs, Tchobans par les Albanais, Tsintsars (ou Tzantzarii) par les Serbes mais généralement Vlassi par les Slaves et Macédo-Roumains par les Roumains. Quant aux Aroumains eux-mêmes, ils préfèrent le terme d'Aroumains ou plus précisément Arminesti dans leur langue.

1. Aspects linguistiques

Les Aroumains parlent l'aroumain, une langue romane proche du roumain, qui les particularise comme peuple au coeur des Balkans.


En gris, les Aroumains
Cette langue est encore parlée par environ 250 000 locuteurs au nord de la Grèce, au sud de l'Albanie, à l'est de la Serbie et en république de Macédoine. Cependant, la langue aroumaine (ou valaque) n'a pas de norme linguistique suprarégionale, car chacun des groupes (en Grèce, en Albanie, en Serbie et en Macédoine) d'Aroumains parle avec des particularités spécifiques locales.
Linguistiquement, l'aroumain fait partie des dialectes roumains du Sud :
1. Les dialectes du Nord: le daco-roumain (qui est devenu le roumain officiel) et l'istrio-roumain (pratiquement éteint);
2. Les dialectes du Sud: l'aroumain, le mégléno-roumain et le macédo-roumain

Les dialectes du Nord sont très différents de ceux du Sud et l'intercompréhension n'est pas toujours facile. Aujourd'hui, toutes les langues roumaines (roumain, moldave, aroumain, mégléno-roumain, etc.) sont parlées dans une aire linguistique située autour de la Roumanie.

2. Données historiques

Venant d'une région peuplée essentiellement de Thraces et d'Illyriens, les Aroumains (ou Valaques) sont un peuple indo-européen remontant à l'époque de l'Empire romain. Vers le XIIe siècle, les Aroumains fondaient leurs propres États dans la Grande Valachie (en Thessalie et dans le sud de la Macédoine) et la Petite Valachie (dans l'Etolia-Akarnania et au sud de l'Épire). Ils étaient considérés en Grèce comme des "Grecs valacophones".

Jadis, des écoles en langue aroumaine furent ouvertes dans les régions valaques de l'Empire ottoman, mais les familles les plus prospères continuèrent de favoriser l'instruction grecque pour leurs enfants et développer une attitude hellénophile. Les Aroumains sont des chrétiens orthodoxes et leurs services religieux sont encore aujourd'hui tenus en grec.

Quand les premiers manuels d'aroumain utilisant l'alphabet latin apparurent au début du XIXe siècle, ils furent pratiquement ignorés par les Aroumains parce qu'ils connaissaient mieux l'alphabet grec.

Après les guerres balkaniques de 1912-1913, les Aroumains se retrouvèrent partagés entre quatre États: l'Albanie, la Serbie, la Grèce et la Bulgarie. Parmi ceux-ci, seule la Grèce reconnut officiellement pendant quelque temps les Aroumains (ou Valaques) comme une minorité à la suite de la signature du traité de Bucarest (1913). Quelques écoles ont même été accordées à la minorité valaque, mais c'est la Roumanie qui les subventionnait. Après la Seconde Guerre mondiale, la Roumanie communiste a cessé toute aide financière aux communautés valaques de Grèce, car celles-ci étaient perçues comme anti-grecques par le gouvernement grec. Les autres États ne se sont guère préoccupés de leurs communautés aroumaines (valaques). Dans les circonstances actuelles, il est fort peu probable qu'un gouvernement se préoccupe un jour du sort de ces populations.

3. La quasi-extinction de l'aroumain

L'omniprésence du grec (la hellénisation) dans la culture aroumaine a certainement été un facteur important dans l'affaiblissement de cette langue et l'urbanisation a accéléré le processus. L'aroumain, comme le mégléno-roumain, avait survécu jusqu'à récemment dans beaucoup de villages de Grèce, d'Albanie, de Serbie ou de Macédoine restés linguistiquement homogènes et où la plupart des gens utilisaient régulièrement leur langue maternelle. Ceux qui ont dû se déplacer vers les centres urbains ont bientôt abandonné l'emploi de l'aroumain parce qu'il était perçu comme un signe de retard social, alors que les enfants n'avaient plus aucun moyen d'apprendre leur langue ancestrale: l'aroumain n'était plus enseigné dans les écoles et était de moins en moins parlé à la maison.

Depuis les années cinquante, toute politique linguistique relative à l'aroumain (ou au valaque) a cessé, sauf pour en décourager l'emploi par tous les moyens (punitions et humiliations dans les écoles et dans l'armée). La langue a ainsi perdu tout statut juridique dans les écoles, l'administration publique et les médias. Au début du XXe siècle, on dénombrait 500 000 Aroumains, mais ils ne seraient plus qu'environ 250 000 aujourd'hui. La plupart des locuteurs aroumains parlent le grec et la langue officielle du pays, soit l'albanais en Albanie, le serbe en Serbie ou le macédonien en Macédoine (ou le bulgare en Bulgarie).

Les experts sont convaincus que la langue aroumaine (ou valaque) est menacée d'extinction. C'est pourquoi, le 24 juin 1997, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a adopté la recommandation 1333. À l'article 8 de celle-ci, l'Assemblée recommande au Comité des ministres du Conseil de l'Europe d'encourager les États balkaniques qui comptent des communautés aroumaines à signer, ratifier et appliquer la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires de 1992, et les invite à soutenir les Aroumains, particulièrement dans les domaines de l'éducation, des services religieux, des journaux et des périodiques, des émissions de radio et de télévision, des associations culturelles, de façon à ce que cette minorité reçoive des services dans sa langue ancestrale.


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